Pendant une semaine semblable à une éternité, les Algériens ont souffert, jusque dans leur chair. Mais l'heure n'est vraiment plus à ressasser les tensions qui ont littéralement pourri la double confrontation entre les Fennecs et les Pharaons. Après deux premières participations en 1982 et 1986, l'Algérie est qualifiée pour le Mondial 2010, et la maîtrise dont ont fait preuve les hommes de Rabah Saadane à Khartoum a prouvé qu'en football, seul le terrain compte. Les Fennecs ont d'abord donné l'impression de ne pas totalement maîtriser leurs nerfs, avec notamment un tacle très rude d'entrée de jeu de Belhadj sur Al Muhamadi, qui déclenche alors une première bagarre générale.
Yahia et Chaouchi, héros d'un soir
Mais sur terrain neutre au Soudan, donc dans un contexte plus apaisé, les esprits se sont rapidement calmés et les partenaires d'Antar Yahia, buteur magnifique d'une demi-volée en pleine lucarne gauche de El-Hadary (40e), ont peu à peu pris la mesure d'Egyptiens moins souverains dans le jeu. Chaouchi, héroïque en seconde période devant El-Sakka (62e) puis Al Muhamadi (72e), se chargeait d'écoeurer les Pharaons et de terminer le travail.
Pour l'Algérie, la fête est complète et le parcours chaotique des Fennecs ne rend cet exploit que plus beau. Alors que l'histoire est désormais connue de tous dans le monde du football à propos de la conclusion homérique du groupe C, qui avait mis dos à dos les deux leaders avec une égalité parfaite au terme des six journées (quatre victoires, un nul et une défaite chacun, avec neuf buts marqués et quatre buts encaissés de chaque côté), l'Algérie avait déjà dû faire face à une très forte pression lors de la... première phase de poules.
Saadane, le sélectionneur symbole
A deux points du Sénégal lors de l'avant-dernière journée, les Verts algériens avaient alors battu les partenaires de Mamadou Niang (3-2) à Blida pour passer devant leurs adversaires alors que tout autre résultat aurait éliminé les Fennecs avant même la dernière phase éliminatoire. Un tirage au sort relevé qui avait déjà mis l'Algérie dans le tempo et a permis de faire naître une équipe face à l'adversité. Les malheureux évènements du Caire n'ont fait que renforcer la cohésion d'un groupe métamorphosé par Rabah Saadane.
Porte-bonheur de la sélection algérienne, le sélectionneur a su tirer le meilleur parti d'éléments talentueux tels que Mourad Meghni, qui a fêté sa première sélection en amical face à l'Uruguay (1-0) en août dernier, Nadir Belhadj, Yazid Mansouri ou encore l'ancien Sochalien et Marseillais Karim Ziani. Saadane avait été rappelé après les éliminatoires catastrophiques pour la CAN 2008, au terme desquelles le Français Jean-Michel Cavalli avait été renvoyé. Symbole de la réussite retrouvée d'un football algérien, Saadane était le sélectionneur des Fennecs lors de la dernière Coupe du monde disputée par l'Algérie, en 1986. Tous les obstacles pouvaient se dresser sur la route de ses hommes, l'histoire était trop belle à réécrire.






